Vu à la télé ! Avoir des chiens et des chats protégerait de l’allergie = l’étude américaine.

par Dr Dominique Marchand

publie  30 août 2002

Exposition allergénique aux chiens et aux chats dans la première année de vie et risque de sensibilisation allergénique entre 6 et 7 ans d’âge.

- Contexte : l’asthme infantile est fortement associé à une sensibilisation allergénique. Des études ont mis en évidence que l’exposition à un animal pendant l’enfance réduit sensiblement la sensibilisation allergénique.

- Objectif : évaluer la relation entre l’exposition au chien et au chat dans la première année de vie et la sensibilisation allergénique à 6 ou 7 ans d’âge.

- Modèle, site et sujets de l’étude : cohorte prospective d’enfants nouveaux nés sains à terme ; affiliés à une organisation dédiée à la santé dans un faubourg de Détroit, Michigan. Nés entre le 15/04/1987 et le 31/08/1989. Suivis jusqu’à une moyenne d’âge de 6.7 ans.

Sur 835 enfants initialement inclus dans l’étude, 474 (57%) complétèrent leur suivi et évaluation entre l’âge de 6 à 7 ans.

Les principaux paramètres étudiés : l’atopie, définie comme toute positivité à un test cutané (prick) reposant sur 6 principaux aéro-allergènes (acariens dermatophagoides farinae et D Pteronyssinus, chien, chat, ambroisie (ambrosia artemisiifolia) et pâturin (Poa pratensis)) ; une séroatopie fut définie comme la présence IgE spécifique d’un allergène pour les mêmes six allergènes et pour Alternaria.

- Résultats : *La prévalence de la positivité à un test cutané (atopie) à l’âge de 6 à 7 ans était de 33.6% avec l’absence d’exposition au chat ou au chien dans la première année de vie, 34.3% avec exposition à un chien ou un chat, 15.4% avec exposition à 2 ou plus chiens ou chats (P=.005) *La prévalence de positivité d’un test biologique explorant les IgE spécifiques (seroatopie) était de 38.5% avec absence d’exposition à un chien ou chat, 41.2% avec exposition à un chien ou chat, et 17.9% avec exposition à 2 ou plus chiens ou chats (P=.003) *Après ajustement des cohortes pour la concentration en IgE du sang du cordon, la présence d’aînés dans la fratrie, un tabagisme parental, un asthme parental, le taux d’acariens dans la chambre à 2 ans, et la possession d’un chien ou chat, l’exposition à 2 ou plus chiens ou chats dans la première année de vie était significativement associée à un plus faible risque d’atopie(odds ratio ajustés 0.23 ; intervalle de confiance 95%, 0.09-0.60) et seroatopie ( odds ratio ajustés, 0.33% ; intervalle confiance, 0.13-0.83)

- Conclusions : L’exposition à 2 ou plus chiens ou chats dans la première année de vie peut réduire de façon sensible le risque de sensibilisation allergènique à de multiples allergènes durant l’enfance.

 Dr Dominique Marchand

commentaire auteur :

Encore l’hypothèse de l’hygiène à l’honneur ! La modulation Th1 /Th2 observée à partir de 2 animaux de compagnie chien ou chat est sans doute à mettre sur le compte des endotoxines bactériennes, voire au portage partagé d’oxyures (hypothèse personnelle)

Cependant le budget familial dédié à l’entretien d’un animal souffrira -t-il de doubler systématiquement ? L’alternative peut reposer sur une reconversion professionnelle des parents au profit d’une activité d’élevage à la ferme ;-)

Il faut de toutes façons relativiser les résultats de cette étude. D’autres équipes allaient dans le même sens, mais il reste un nombre non négligeable d’études qui affirment que la présence d’animaux domestiques est un facteur d’aggravation de l’allergie.

reference :

http://www.allergique.org/spip.php?article257

partager partager


Dans la même rubrique

Attention les enfants : gros matou est caché !, Dr Philippe Carré
Les auteurs montrent qu’une exposition passive précoce à la poussière de maison, dans des familles n’ayant pas de chat à domicile, s’accompagne au bout de 2 ans d’une sensibilisation (...)
Allergique ? Alors, pas d’animaux chez moi., Dr Philippe Carré
L’interprétation des études épidémiologiques sur la relation exposition allergénique à des animaux / maladies allergiques, est souvent contradictoire. Cette étude intéressante (...)
Taux des allergènes d’acariens et de chat dans la maison : stables ou pas au long cours ?, Dr Alain Thillay
Les données de cette étude n’auront pas ou peu de retentissement sur la pratique courante de l’Allergologie. Non, ici, l’intérêt est la validation des études particulièrement pour ce (...)
At-chaaaaaaaaa : allergie aux chats chez les pachas sans chats., Dr Stéphane Guez
Dans ce travail, les auteurs montrent une prévalence élevée de sensibilisation au chat chez des patients allergiques respiratoires qui vivent à Izmir, alors même qu’il y a très (...)
Les blattes s’invitent dans la « middle-class »., Dr Alain Thillay
La présence d’allergènes d’acariens est quasi ubiquitaire de l’habitat humain. Nombre d’études ont démontré la relation entre le taux de ces allergènes, la sensibilisation et le risque (...)