Du sucre aux yeux des allergiques...
par
publié le 30 octobre 2006
L’hyperréactivité non spécifique aux facteurs irritants est une réalité chez l’allergique mais aussi chez le non allergique. Bien étudiée au niveau bronchique, elle l’est beaucoup moins dans la rhinite et la conjonctivite. Une équipe italienne a tenté de mettre au point un test permettant d’identifier une hyperréactivité conjonctivale avec un peu de sucre...
Provocation conjonctivale hyperosmolaire dans l’évaluation de l’hyperréactivité non spécifique chez les patients sains et chez les patients allergiques : Marta Sacchetti, MDab, Alessandro Lambiase, MD, PhDab, Silvia Aronni, MDa, Tamara Griggi, MDa, Valentina Ribatti, MDa, Stefano Bonini, MDab, Sergio Bonini, MDc
a From the Department of Ophthalmology, University of Rome, Campus Bio-Medico b Gian Battista Bietti Eye Foundation Istituto di Ricovero e Cura a Carattere Scientifico c Internal Medicine, Second University of Naples and Institute of Neurobiology and Molecular Medicine, Italian National Research Council, Rome
dans JACI Volume 118, Issue 4, Pages 872-877 (October 2006)
Contexte :
- L’hyperréactivité tissulaire des organes cibles aux stimuli non spécifiques est un facteur important car elle influence l’expression clinique de la maladie allergique.
Objectifs :
- Identifier la sensibilité et la spécificité d’un test de provocation conjonctival hyperosmolaire dans la prédiction de l’hyperréactivité conjonctivale et établir une relation avec la présence d’un inconfort oculaire chez des sujets avec et sans allergie.
Méthodes :
- On a recherché et établi un score des symptômes d’inconfort oculaire provoqués par des stimuli non spécifiques chez 50 patients sains et chez 19 patients ayant une conjonctivite allergique en période de rémission.
- On a ensuite pratiqué un test à l’aide d’une solution de glucose à des concentrations croissantes (de 10 à 50%).
- La concentration de glucose provoquant une hyperhémie conjonctivale +2 a été considérée comme la dose de provocation.
- La réponse à cette provocation hyperosmolaire chez les sujets ayant un inconfort oculaire a été comparée à celle des sujets asymptomatiques.
- La sensibilité et la spécificité du test pour la prédiction d’une hyperréactivité conjonctivale ont été analysées.
Résultats :
- Six des 50 sujets sains et 12 des 19 sujets allergiques se sont plaints d’un inconfort oculaire lors de l’exposition à des stimuli non spécifiques.
- Le test de provocation hyperosmolaire a permis de différencier les sujets ayant ou non un inconfort oculaire (dose moyenne de provocation : 9.5% ± 5% et 47.5% ± 5% de glucose, respectivement ; p < 0.001).
- La dose seuil optimale ayant la sensibilité et la spécificité les plus hautes pour prédire une hyperréactivité conjonctivale était de 40% de glucose.
- Les scores d’inconfort ont été liés de façon significative avec les doses de provocation (p < 0.05).
Conclusion :
- Cette étude a établi une procédure standardisée de détection d’une hyperréactivité conjonctivale indépendante de l’atopie sous-jacente.
Implications cliniques :
- Le test de provocation hyperosmolaire peut être utile pour l’identification d’une hyperréactivité conjonctivale chez les sujets ayant un inconfort conjonctival avec ou sans allergie.


Commentaire de l'auteur :
Une étude a été menée en Italie chez 50 sujets sains et chez 19 patients ayant une conjonctivite allergique en phase de rémission.
Des signes de gêne oculaire lors de l’exposition à des facteurs non spécifiques ont été recherchés et côtés, puis, on a réalisé un test de provocation conjonctival à l’aide de solutions croissantes de glucose. La concentration de 40% s’est avérée la mieux adaptée pour ce test.
Six sujets sains sur 50 ont eu un test positif et 12 allergiques sur 19.
En conclusion, l’hyperréactivité conjonctivale existe bien chez le sujet non allergique. Elle est cependant, beaucoup plus fréquente chez l’allergique.
Chez ce dernier, on s’attend à cette hyperréactivité. Est-il bien nécessaire de la rechercher par un test ?
Par contre, sa mise en évidence pourrait être fort utile chez les patients non allergiques, désespoir commun des ophtalmos et des allergos...
référence :
http://www.allergique.org/article3216.html
partager
Dans la même rubrique
- Plus loin que le bout du nez : les yeux !,
- La rhinite allergique concerne le nez mais aussi les yeux… Le nez souvent au premier plan, les symptômes oculaires sont souvent négligés. Leur retentissement sur la qualité de (...)
- Une cytokine spécifique de l’allergie oculaire ? Mon oeil ! !,
- Les auteurs ont démontré une corrélation entre le taux dans les larmes d’une protéine d’adhésion (l’ostéopontine) et l’existence d’une pathologie chronique allergique conjonctivale, le (...)
- Kératoconjonctivite thaïlandaise,
- Cette étude est intéressante car elle répond bien aux difficultés de la prise en charge de la kératoconjonctivite qui reste une des formes les plus sévères d’atteinte oculaire. Il (...)
- Surveillance d’une allergie pollinique : toujours avoir les enfants à l’œil !!,
- Les auteurs rapportent un cas de kérato-conjonctivite vernale unilatérale chez un enfant de 5 ans. C’est un examen attentif de l’œil avec un prélèvement cytologique qui permet le (...)
- A quoi sont dues les conjonctivites allergiques saisonnières japonaises ?,
- Cette étude m’apparaît quelque peu boiteuse. En effet, il semble assez évident qu’au Japon les conjonctivites allergiques saisonnières soient dues aux pollens de cyprès et de (...)