Ce qui gêne et ce qui est sérieux.

mardi 13 octobre 2015 par Dr Hervé Masson696 visites

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Ce qui gêne et ce qui est sérieux.

Ce qui gêne et ce qui est sérieux.

mardi 13 octobre 2015, par Dr Hervé Masson

Il est intéressant de constater le décalage gigantesque entre le ressenti des allergiques et des médecins de famille, et ce que les allergologues considèrent comme une pathologie allergique sérieuse.

Les demandes de consultations urgentes portent presque à chaque fois sur le bilan de « boutons rouges et qui grattent » et c’est au cours de notre interrogatoire que nos malades nous annoncent que, par ailleurs, ils ont un asthme traité depuis des années par une forte dose de corticoïdes inhalés voire oraux.

De leur avis, il est urgent et impératif de comprendre pourquoi, 3 fois par an, des plaques sortent alors « qu’avant je n’avais rien ». Par contre, il est trop compliqué de faire un bilan d’un asthme ou d’une rhinite qui peuvent conduire à une insuffisance respiratoire chronique s’ils sont mal pris en charge.

Nos confrères dermatologues ont publié un consensus sur la prise en charge de l’urticaire qui leur permet d’éliminer le problème : une exploration n’est envisagée que si l’urticaire dure plus de 6 semaines et alors le bilan biologique proposé est très limité. Le traitement reste les antihistaminiques éventuellement à fortes doses.

Tous ces patients inquiets, qui veulent savoir « Pourquoi et comment » sont alors adressés aux allergologues. Car si c’est rouge et que ça gratte, c’est que c’est allergique forcément.

À nous alors de prendre le temps de l’explication, de la réassurance. Faire accepter l’idée qu’il existe de nombreuses maladies pour lesquelles la médecine a un traitement mais pas d’explication. C’est souvent long et pas toujours accepté.

Quand je parle d’urticaire à mes patients et que je n’ai rien trouvé pouvant l’expliquer, je leur dis souvent que les médecins ont un terme pour nommer ces pathologies que l’on ne comprend pas. On dit que c’est une maladie idiopathique.

« Pathique » vient de maladie et « Idio »... de notre insuffisance intellectuelle...

Mais, fort heureusement, pour les maladies allergiques respiratoires nous ne sommes pas bêtes.

Dommage que ça intéresse moins les malades et leurs médecins.