Alerte : toute mère faisant le ménage s’expose à des poursuites pour mise en danger d’allergie de leurs enfants !!

mercredi 18 mai 2016 par Dr Stéphane Guez635 visites

Accueil du site > Maladies > Atopie > Alerte : toute mère faisant le ménage s’expose à des poursuites pour mise en (...)

Alerte : toute mère faisant le ménage s’expose à des poursuites pour mise en danger d’allergie de leurs enfants !!

Alerte : toute mère faisant le ménage s’expose à des poursuites pour mise en danger d’allergie de leurs enfants !!

mercredi 18 mai 2016, par Dr Stéphane Guez

Une exposition précoce aux aéroallergènes intérieurs n’est pas associée au développement d’une sensibilisation ou d’une rhinite allergique chez des enfants à haut-risque. : Schoos A-MM, Chawes BL, Jelding-Dannemand E, Elfman LB, Bisgaard H.

Early indoor aeroallergen exposure is not associated with development of sensitization or allergic rhinitis in high-risk children.

dans Allergy 2016 ; 71 : 684–691

- Introduction :

  • L’exposition allergénique est associée au développement d’une sensibilisation allergique chez les enfants, comme cela est reflété par les variations globales des profils de sensibilisation.
  • Cependant, il n’y a que peu de preuve en faveur de cette association directe entre exposition et sensibilisation.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’étudier :
    • l’association entre l’exposition périnatale à des aéroallergènes et la sensibilisation -**ainsi que la rhinite allergique
  • vis-à-vis de ces mêmes allergènes plus tard durant l’enfance.

- Matériel et Méthode :

  • La sensibilisation au chat, chien et acariens de la poussière de maison a été étudiée de façon longitudinale par des prick-tests et des dosages d’IgEs à 6 mois, 1 an, 12, 4, 6 et 13 ans chez 399 enfants enrôlés dans une cohorte de suivi depuis la naissance : l’étude prospective de Copenhague sur l’asthme de l’enfant (Copenhagen prospective Study on Asthma in Childhood 2000).
  • La rhinite a été diagnostiquée à 7 et 13 ans.
  • L’exposition allergénique a été définie :
    • par la présence d’un chien ou d’un chat à domicile durant le premier trimestre de grossesse ou la première année de vie
    • et sur les taux d’allergènes de chien, chat et acariens dans les échantillons de la poussière de lit collectés à 1 an.
  • L’association entre exposition et devenir a été analysée par une étude de régression logistique et stratifiée en fonction de la présence d’une dermatite atopique et par les résultats des tests (prick-tests et IgEs).

- Résultats :

  • Les auteurs n’ont pas trouvé d’association entre l’exposition au chat ou au chien lors de la période néonatale et la sensibilisation ou le développement d’une rhinite allergique durant l’enfance.
  • De façon similaire, il n’y a pas d’association entre les taux d’allergènes dans les échantillons de poussières prélevés dans les lits et la sensibilisation ou le développement d’une rhinite durant l’enfance.

- Conclusion :

  • L’exposition périnatale aux aéroallergènes ne semble pas affecter le développement d’une sensibilisation ou d’une rhinite allergique chez les enfants, interrogeant sur la pertinence de mesure préventive d’éviction de tels allergènes à domicile.
  • D’autres facteurs doivent intervenir comme le moment de l’exposition aux allergènes ou le rôle d’un produit environnemental ayant un effet adjuvant pouvant contribuer à une sensibilisation qui apparaît donc comme un phénomène complexe.

Dans ce travail de suivi prospectif d’une cohorte d’enfants, les auteurs ont voulu savoir si l’exposition précoce à des aéroallergènes intérieurs influence les sensibilisations ultérieures et l’apparition d’une rhinite allergique.

Le résultat est négatif : il n’y a pas de lien entre exposition et risque de sensibilisation ou d’allergie.

Ces résultats sont à première vue surprenants : ils semblent aller à contre courant de l’opinion répandu selon laquelle l’exposition à l’allergène va créer le risque de sensibilisation et d’allergie.

Mais en fait de nombreuses études montent que c’est plutôt l’inverse : l’exposition précoce à des stimulants allergéniques va au contraire favoriser une tolérance et éviter l’apparition ultérieure de sensibilisation et d’allergie. Ces résultats confirment donc ces nouvelles données et doivent entrainer une modification profonde des conseils de prévention qui peuvent être encore donnés : il ne faut pas faire l’éviction des aéroallergènes, il faut au contraire que l’enfant « baigne » dans les aéroallergènes qu’il sera amené à rencontrer toute sa vie. Ce n’est que lorsqu’il est devenu allergique qu’il faut préconiser une éviction.

Donc les mères et les pères doivent impérativement faite la fête et ne plus s’occuper du ménage afin de protéger la santé de leur progéniture.