Un bon désinfectant mais allergisant : c’est sot il détruit parfois aussi le patient …

vendredi 27 mai 2016 par Dr Stéphane Guez870 visites

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Un bon désinfectant mais allergisant : c’est sot il détruit parfois aussi le patient …

Un bon désinfectant mais allergisant : c’est sot il détruit parfois aussi le patient …

vendredi 27 mai 2016, par Dr Stéphane Guez

Dynamique des taux d’IgE spécifiques (IgEs) chez les patients allergiques à la Chlorhexidine (CHL) avec ou sans réexposition accidentelle. : M. S. Opstrup, L. K. Poulsen, H. J. Malling, B. M. Jensen, L. H. Garvey,

dans Clinical & Experimental Allergy, 2016 (00) 1–8.

- Introduction :

  • La CHL est un désinfectant efficace qui peut causer des réactions allergiques sévères.
  • Les taux plasmatiques d’IgEs à la CHL (ImmunoCap) ont une sensibilité et spécificité considérées comme élevées lorsqu’ils sont mesurés dans les 6 mois après la réaction allergique.
  • Mais il y a peu de données sur la dynamique de ces IgEs au delà de ces 6 mois et sur des temps plus longs, et on ne sait pas si ces taux se négativent chez des patients ayant eu un dosage initial élevé.
  • On ne sait pas non plus si une réexposition entraine une nouvelle élévation des IgEs.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’étudier la dynamique des IgEs à la CHL chez des patients allergiques avec ou sans réexposition.

- Matériel et Méthode :

  • Tous les patients diagnostiqués avec une allergie à la CHL dans un centre Danois d’allergie aux anesthésiques, de janvier 1999 à mars 2015, ont été invités à participer à ce travail.
  • Cette étude a inclus des prélèvements sanguins, lors de la réaction initiale et du bilan diagnostic, puis de façon prospective sur plusieurs années.

- Résultats :

  • 23 patients au total ont été inclus.
  • Les dosages d’IgEs dans les heures qui suivent la réaction sont disponibles pour 8 patients et > 0.35 kUA/L chez 6 d’entre eux.
  • Lors des explorations allergologiques, habituellement entre 2 et 4 mois plus tard, les IgEs sont > à 0.35 chez 22 des 23 patients.
  • Dans les mois et années qui suivent, les IgEs diminuent : < 0.35 chez 17 des 23 patients (diminution plus rapide dans les 4 mois).
  • 9 réexpositions entrainent des symptômes et sont suivies par une augmentation des IgEs.
  • 2 patients avec des IgEs < 0.35 réagissent lors d’une réexposition.

- Conclusions et applications cliniques :

  • Lors de l’interprétation du taux des IgEs il faut prendre en compte la date du prélèvement par rapport à la réaction clinique.
  • Le taux des IgEs est > 0.35 chez la plupart des patients au décours de la réaction mais doit être refait dans les semaines et les mois après la réaction s’il est négatif.
  • Le moment optimal de réalisation de ce dosage semble être entre 1 et 4 mois.
  • Une valeur < à 0.35 n’élimine pas le diagnostic d’allergie et ne signifie pas une perte de réactivité chez les patients ayant été initialement sensibilisés.
  • Une réexposition est fréquente, souvent iatrogène, et peut entrainer un rebond du taux des IgEs.

Ce travail qui reprend tous les cas d’allergie à la Chlorhexidine a permis aux auteurs d’étudier la cinétique des IgEs à ce désinfectant.

Les résultats permettent de préciser le meilleur moment de réalisation du dosage : entre 1 et 4 mois après l’accident allergique. Un taux qui se négative dans le temps ne signifie pas perte d’allergie.

Ce travail s’intéresse à une allergie souvent recherchée mais finalement bien rare. D’ailleurs dans ce travail, les auteurs dans une consultation spécialisée chez des patients très exposés, ne trouvent que 23 patients sur 15 ans.

Le plus intéressant à retenir est qu’un taux d’IgEs qui se négative dans le temps ne signifie pas perte d’allergie : il faut donc faire un bilan initial entre 4 et 6 semaines après la réaction allergique. Une positivité des IgEs > 0.35 confirme une allergie qui sera prolongée et doit donc conduire à une éviction quasiment à vie.