Ne pas contrarier les femmes ! Surtout enceintes !
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publié le 1er mars 2012

Les événements prénataux négatifs augmentent les taux d’IgE dans le sang de cordon : interactions avec les allergènes d’acariens domestiques et l’atopie maternelle. : . L. Peters1, S. Cohen2, J. Staudenmayer3, J. Hosen4,5, T. A. E. Platts-Mills4, R. J. Wright6,7,*
dans Allergy
Contexte :
- L’exposition prénatale au stress comme aux aéroallergènes (acariens) est susceptible de moduler le système immunitaire du fœtus.
- Ces expositions pourraient interagir avec la réponse immunitaire du nouveau né.
- Nous avons examiné les associations entre le stress maternel prénatal et le taux d’IgE totales du sang de cordon chez 403 enfants en bas âge issus de minorités à faibles revenus, recrutés au sein du projet ACCESS ( lien entre l’asthme, la communauté, et le stress social).
- Nous avons aussi examiné les effets potentiels de l’atopie maternelle et de l’exposition maternelle aux acariens domestiques.
Méthodes :
- L’enquête de Système de crise familiale était menée auprès de mères avant la naissance, et un score d’évènement de vie négatif était établi pour caractériser le stress.
- Les allergènes d’acariens domestiques étaient dosés dans la poussière des chambres de femmes enceintes.
- Le sang de cordon était analysé pour la détermination des IgE totales.
- A l’aide d’une analyse de régression linéaire, nous avons modélisé les relations entre le stress et les IgE du sang de cordon, et les interactions du stress avec les acariens et/ou l’atopie maternelle, avec ajustement des facteurs confondants potentiels.
Résultats :
- Le stress prénatal élevé (ß=0.09 ; p=0.01) était associé avec une augmentation des taux d’IgE dans le sang de cordon.
- Les effets d’interaction entre le stress sur les groupes différemment exposés aux acariens (fortement vs faiblement) étaient significativement différents pour les enfants de mères atopiques par rapport aux mères non atopiques (p=0.005)
- Parmi les enfants de mère atopique, l’association positive entre le stress et les IgE était plus forte dans le groupe exposé fortement aux acariens.
- Parmi les enfants de mère n’ayant aucun antécédent atopique, l’association positive entre le stress et les taux d’IgE était plus évident dans le groupe faiblement exposé aux allergènes.
Conclusions :
- Le stress prénatal était associé de manière indépendant au taux d’IgE dans le sang de cordon.
- Les mécanismes sous-tendant les effets du stress sur l’immunomodulation fœtale diffèrent en fonction du statut atopique maternel.


Commentaire de l'auteur :
Futurs papas : soyez gentils avec votre douce, évitez lui tout stress... et aussi, passez l’aspirateur ! C’est pour la santé de votre bébé !
Cette étude américaine se penche sur les interactions entre l’hérédité (le statut atopique de la mère), le psychologique (les évènements de vie négatifs) et l’environnement (l’exposition aux allergènes).
Une enquête a ainsi été menée auprès de femmes enceintes, chez qui était aussi analysée la poussière de leur chambre. A la naissance, le sang de cordon était analysé pour le dosage des IgE totales.
Deux groupes ont été constitués en fonction d’une forte ou d’une faible exposition aux allergènes d’acariens domestiques.
Chez les femmes atopiques fortement exposées aux acariens, le stress augmentait significativement les taux d’IgE fœtales. Chez les femmes non atopiques, l’association entre le stress et les IgE était au contraire plus importante chez les femmes peu exposées aux acariens.
On pourrait résumer en disant que plus une mère atopique est exposée aux acariens, plus le stress a des effets importants sur les taux d’IgE du nouveau né. Donc plus une femme est atopique, moins elle devrait être stressée ( et moins il devrait y avoir de poussière chez elle).
Quelles conclusions en tirer ? Il faudrait tout d’abord connaître l’intérêt du taux d’IgE du sang de cordon. Est-il réellement prédictif de pathologies atopiques chez le nouveau né ? A ma connaissance cela n’a pas été prouvé.
Les outils utilisés pour évaluer ces interactions semblent peu nuancés, par rapport à la complexité du sujet : enquêtes « de stress », deux groupes seulement, un seul allergène analysé, les IgE totales comme seul critère final...
Cette étude a toutefois le mérite de chercher à appréhender les liens complexes entre différents facteurs influençant l’état de santé du bébé. L’environnement et les conditions de vie ont, d’après cette étude, un effet potentialisant sur le terrain génétique hérité de la mère.
référence :
http://www.allergique.org/article4385.html
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