Les asthmatiques résistent à tout, même à l’insuline.

lundi 9 février 2015 par Dr Philippe Carré616 visites

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Les asthmatiques résistent à tout, même à l’insuline.

Les asthmatiques résistent à tout, même à l’insuline.

lundi 9 février 2015, par Dr Philippe Carré

Asthme et résistance à l’insuline chez les enfants et les adolescents obèses. : Sánchez Jiménez J, Herrero Espinet FJ, Mengibar Garrido JM, Roca Antonio J, Peños Mayor S, Peñas Boira MM, Roca Comas A, Ballester Martínez A. Asthma and insulin resistance in obese children and adolescents.

dans Pediatr Allergy Immunol 2015 : 25 : 699–705.

 Contexte :

  • Les enfants et les adolescents obèses ont un risque accru d’asthme
  • Peu d’études ont évalué l’association entre la résistance à l’insuline et l’asthme dans ces populations pédiatriques d’obèses
  • Les auteurs ont examiné s’il y avait une relation entre de hauts degrés de résistance à l’insuline et la présence d’un asthme chez les enfants et les adolescents obèses.

 Méthodes :

  • Un total de 153 sujets âgés de 4 à 15 ans, avec au moins le 95è percentile d’index de masse corporelle (IMC) pour l’âge, ont été recrutés de façon prospective
  • Ont été évalués le diagnostic d’asthme, la réactivité par prick-tests cutanés à des pneumallergènes communs de l’environnement, ainsi que la résistance estimée à l’insuline par l’indice HOMA (Homeostasis Model Assessment), avec la médiane (2.22) utilisée comme valeur seuil pour catégoriser la résistance à l’insuline.

 Résultats :

  • Il y avait 56 (36.6%) d’asthmatiques et 97 (63.4%) de sujets non asthmatiques
  • Les valeurs de l’indice HOMA étaient associées de façon significative à la positivité des tests cutanés (p=0.008) et au diagnostic d’asthme allergique (p=0.016)
  • La valeur de l’insuline à l’état basal était associée de façon significative au risque de présenter un asthme avec des tests cutanés positifs (OR 1.84, p=0.037)
  • Des différences concernant l’asthme, l’IMC et la circonférence de la taille (CT) ont été trouvées entre les groupes d’indice HOMA <2.22 et ≥ 2.22
  • La CT était associée de façon significative à la CVF (p=0.0001) et au VEMS (p<0.0003) ; plus la CT était élevée, plus les valeurs de CVF et de VEMS étaient basses.

 Conclusions :

  • La résistance à l’insuline est un facteur de risque d’asthme allergique chez les enfants et les adolescents obèses
  • La circonférence de la taille était reliée à l’altération de la CVF et du VEMS.

Cette étude espagnole a étudié, chez 153 sujets âgés de 4 à 15 ans, le rapport entre le degré de résistance à l’insuline mesurée par l’indice HOMA et l’existence d’un asthme chez des enfants et adolescents obèses.

Cette étude montre que :

  • la résistance à l’insuline est un facteur de risque d’asthme allergique chez les enfants obèses
  • le risque augmente avec le degré de résistance à l’insuline
  • la valeur médiane du HOMA de 2.22 permet de différencier un groupe de sujets avec un risque plus élevé de sensibilisation aux pneumallergènes et/ou d’asthme allergique (38.8% des sujets avec un HOMA > à 2.22), d’un autre groupe de sujets avec un risque plus faible (19.7% des sujets avec un HOMA < à 2.22
  • ces groupes ont des différences significatives d’âge, d’IMC et de circonférence de taille (plus grande est cette dernière, plus sont altérés le VEMS et la CVF)
  • en analyse indépendante, la sensibilisation aux pneumallergènes a la plus forte valeur statistique.

Ceci est en accord avec l’hypothèse que les mécanismes conditionnant la résistance à l’insuline sont ceux qui favorisent le développement de l’asthme et de la sensibilisation aux pneumallergènes, probablement par une diminution de la tolérance immunologique aux antigènes secondaire à des modifications des taux de différentes adipokines secrétées par le tissu adipeux (théorie de l’inflammation systémique chronique).

Le fait que les mécanismes liés à l’inflammation systémique ne soient pas présents à des âges plus précoces offre une opportunité pour traiter l’obésité à cet âge afin d’en prévenir les conséquences tardives.

Les mécanismes moléculaires de l’obésité associée à l’asthme sont mal connus ; une étude récente sur un modèle de souris a montré qu’interviendrait des cellules de type ILC3, qui n’ont pas été reconnues jusqu’ici comme reliées aux maladies des voies aériennes. Ce qui pourrait expliquer que l’asthme associé à l’obésité soit différent des autres formes d’asthme.

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